10 février 2011 - Journée de réflexion sur le financement des transports collectifs-Un cocktail de mesures pour accroître de 40% l’achalandage des transports collectifs d’ici 2020

Montréal, le 10 février 2011- La journée de réflexion sur le financement des transports collectifs (TC), organisée par le FORUM URBA 2015 du département d’études urbaines de l’UQAM, a permis d’identifier de nouvelles sources de financement qui pourraient grandement contribuer à l’important effort financier requis pour accroître de 40% l’achalandage des TC dans la région de Montréal d’ici 2020.

C’est en effet l’objectif que se sont fixés les organismes de transport que sont la STM, la STL, le RTC, l’AMT et les conseils intermunicipaux de transport, qui ont pris part à cette première expérience d’analyse et de comparaison de toutes les sources de financement qui existent à l’heure actuelle dans le monde pour financer le développement des TC de la région métropolitaine. Les 12 conférenciers et panélistes invités ont ainsi pu partager leur vision avec plus de 200 représentants des villes, des ministères, des organismes de transport, des chambres de commerce, promoteurs immobiliers, entreprises et organismes à but non lucratif.

« Le développement des transports collectifs constitue le levier fondamental pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre, pour limiter la congestion routière, pour améliorer la qualité de vie urbaine et renforcer la vitalité économique de la région. C’est le consensus qui nous réunit aujourd’hui, » explique Florence Junca-Adenot, directrice du Forum Urba 2015. « Pour y parvenir, les investissements seront élevés. Les données dévoilées aujourd’hui nous démontrent cependant que les sources traditionnelles que sont les usagers, les villes et le fonds consolidé du Québec, ne sont pas suffisantes pour absorber ces efforts financiers importants qui bénéficieront à toute la région de Montréal » poursuit-elle.

Nouvelles mesures, nouveaux critères

En se basant sur les expériences vécues ailleurs, les experts et conférenciers de la journée ont identifié plusieurs mesures qui méritent d’être soigneusement examinées par les décideurs afin d’évaluer si elles peuvent s’adapter à la situation montréalaise :

  1. Les taxes sur l’essence, les hydrocarbures, les véhicules énergivores, les péages, les stationnements, les bonus malus, l’immatriculation.
  2. Les taxes sur la valeur générée par les infrastructures de transports collectifs, telles que la plus value foncière, les investissements immobiliers, les taxes d’amélioration locale et les partenariats d’affaires tels qu’Hydro Québec.
  3. Les revenus commerciaux de toutes sortes
  4. Les taxes sur les masses salariales
  5. L’optimisation des systèmes de tarification actuelle des usagers et la rationalisation de la gestion.

Chacune de ces propositions a fait l’objet, dans la mesure du possible, d’une évaluation d’un ensemble de critères qui dépasse le simple aspect financier : les critères économiques (efficacité en termes de revenus et de gestion), les impacts sur les choix de transport (possibilité de transfert modal vers les TC et baisse de la congestion), les impacts sur l'environnement (incitation au choix des véhicules moins énergivores et diminution des émissions de GES), l’équité dans son application (géographique et sociale), les impacts urbains (le déplacement de localisation d’activités ou non).

Les experts en ont également profité pour rappeler un certain nombre de principes qui doivent qualifier les sources de financement, c’est à dire des investissements, des taxes et leur tarification qui soient prévisibles, durables, suffisantes, efficaces, dédiées, équitables géographiquement et socialement, agissant sur les comportements à changer, innovatrices, tenant compte des taxes déjà assumées par la source envisagée.

« L’implantation d’un cocktail de nouveaux moyens de financement permettrait d’élargir le bassin des contributeurs comme par exemple les bénéficiaires directs et indirects des transports collectifs et les pollueur-payeurs » soutient Mme Junca-Adenot. « Ne l’oublions pas, c’est l’ensemble de la société qui bénéficie des investissements en transports en commun, et pas seulement leurs usagers. Le lien entre ceux qui paient, ceux qui reçoivent les services et ceux qui en bénéficient doit être transparent » ajoute-t-elle.

« Un contrôle de la forme urbaine est essentiel pour parvenir à accroître la part des TC » conclut Paul Lewis, directeur de l’observatoire SITQ du développement urbain et immobilier. « La densification dans les centres urbains de la région métropolitaine, la concentration des emplois sont parmi les éléments que les sources de financement doivent encourager. »

Enfin, la journée de financement a également permis de faire ressortir un manque à gagner important pour réaliser l’ensemble des projets qui sont sur la table, autant pour les autorités locales que pour le gouvernement du Québec. Les experts rappellent que les pistes novatrices ne pourront à elles seules tout assumer, d’où les choix stratégiques et opérationnels qui devront être faits pour assurer le remplacement des équipements et le maintien des actifs et assurer le développe des TC pour atteindre le principal objectif que représente 40% de plus d’usagers en transport collectifs en 2020.

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Le document d’analyse des experts est disponible sur demande. Les présentations des conférenciers seront disponibles sous peu au : www.forumurba2015.com